Le blog de William Webb Ellis

On va moins parler de moi ces temps-ci. Voyons voir ça.

samedi 13 octobre 2007

Delirium pre-tremens

Des fois, je flippe.
J’ai peur que ce jeu devienne lobotomisé, encarté, uniformisé, vendu. Mes craintes ne portent pas sur les styles de jeu, mais sur ce qui l’entoure. Pas du terrain, des caméras.

Après France – Nouvelle-Zélande par exemple, j’ai revu le match en suivant sur Eurosport, et j’ai été désagréablement surpris.
D’abord, pour constater un point que je n’ai pas depuis éclairci. Pendant le match en direct, je me souviens avoir distinctement vu à l’entrée de Chabal un plan montrant Ali Williams faire opportunément une mimique avec sa mâchoire. Bizarrement, cette image n’y était plus lors de la rediffusion sur Eurosport… Quelqu’un peut confirmer ? Quelqu’un peut m’expliquer ? Parce que j’ai peur de comprendre. Faut que j’en cause avec Aldous, un copain de là-haut, ça va l’intéresser.
Bref.
Ensuite, il s’est passé quelque chose qui m’a glacé d’effroi. Au « milieu de la première mi-temps » comme dit qui vous savez, coupure pub. Pareil en seconde : la TV française vient d’inventer le quart temps.
Ça vous fait pas flipper ça ? Pfou, moi oui.

Ne rien se laisser imposer, ni sur les formats, ni sur les règles, ni sur l'essentiel de l'ovale.

C’est dit et redit : cette coupe du monde n’est pas bien couverte par TF1. C’est-à-dire pas assez, et maladroitement. Qu’attend-on d’ailleurs pour composer un trio pour les prochaines retransmissions pour qu’enfin, un avant compétent explique au public les phases de jeu des avants ? Franchement, ça ne serait pas de trop. Je ne sais pas s’il faut que Bernard Laporte change sa composition d’équipe, mais pour celle de Charles Villeneuve, ça devient urgent ! D’ailleurs, le responsable des sports de TF1 n’avait-il pas évoqué de faire « monter » Champ s’il se débrouillait bien dans les autres directs délaissés par Giraldi – Lacroix ? Et Fabrice Landreau ? On pourrait pas le prendre plus souvent à l’antenne ?
Au fait : j’avais laissé entendre ici que la FFR était à l’origine de ce choix de TF1, en fait c’est l’IRB. Autant pour moi.
La précision n’est d’ailleurs pas anodine, car mon regard sur Bernard Lapasset a changé. Comme Laporte, il a un grand dessein. On verra si, quand il y sera dans ce fauteuil présidentiel de l’IRB, il se contentera de dire  « J’y suis ! », ou préfèrera se dire « Tout commence ! ». Je suis peut-être d’une nature optimiste, mais j’ai tendance à me dire finalement  que ça peut être une bonne chose. Je ne crains pas une uniformisation du jeu venue de l’intérieur, par les entraîneurs, les joueurs, les compétitions, les enjeux etc. Extérieure oui. J’y reviendrai la semaine prochaine, fin de la parenthèse.

Sur le rugby en lui-même par contre, j’entends beaucoup de discours inquiets, mais je garde terriblement confiance en ce jeu et en ce que vous en faites. Il se renouvelle, il n’a jamais cessé de se renouveler.
On dira ce qu’on veut, mais le cœur, la défense et les phases statiques, même si on ne peut pas résumer le rugby à ça, resteront toujours la base. Ce qu’ont fait Anglais et Français sur ce plan est incroyable, Boks et Argentins dans la logique des choses. Ce que les quatre vont faire ce week-end, pfou…

J’ai mal au cœur pour les Néo-Zélandais qui sont la substantifique mœlle de ce sport. Même s’ils ont pêché sur l’essentiel, j’ai confiance en eux. Et puis, il faut qu'ils se bougent (enfin, après qu'ils aient bien récupéré de leur séjour au bar samedi dernier où ils ont noyé leur déception : la note était de 17.000 euros !), rien n'est acquis, rien n'est perpétuel même pour eux.
Confiance aussi en ces joueurs des îles qui nous ont enchanté. Là aussi, le rugby mondial, et les Tri-Nations en premières, et les Blacks en premiers (qui ne peuvent se contenter de s'en servir de réservoir) doivent s’ouvrir vers elles. La France veut faire bouger les choses : il semble que la FFR soit sur le point de conclure pour 2008 une rencontre internationale avec les Pacific Islanders, une sélection des Fidji, Samoa et Tonga.
Le rugby argentin a d’ores et déjà réussi son coup, marqué l’histoire. Comme le Cameroun en foot. Mais avec une bande de furieux qui me fait diablement (Oh pardon !) penser au XV inchangé de Fouroux en 1977. D’ailleurs, c’est lui qui me souffle la comparaison, c’est vous dire. Ce groupe vit une sacrée aventure.
Et puis le rugby européen aussi me donne beaucoup à espérer.
Je n’ai pas compris qu’on résume le jeu anglais contre les Wallabies à un net ascendant devant et à l’influence de Wilkinson. C’est la base, le principal, ok. Mais la Rose a quand même produit beaucoup de jeu en première mi-temps. Et rappelez-vous aussi qu’à Twickenham cet hiver, ils vous ont pris au large.
Idem pour la France. Tactiquement, la patte de Laporte est magistrale, même si, comme il le dit lui-même, c’est l’engagement des joueurs qui a tout fait. On aime ou on n’aime pas, mais on se décoiffe svp ( Ah, c'est vrai, vous ne portez pas de chapeau. Je ne comprends pas comment vous pouvez faire… Enfin bon, on dire pour être dans le coup, "On aime ou on n'aime pas, mais respect."). Je suis surpris d’avoir lu cette semaine des anciens joueurs consultants reconnaître leurs erreurs d’appréciation (il n’y a d’ailleurs aucune honte à ça, d’autant que l’avenir était quand même sombre il y a une semaine ! Et hop, c’est tout bleu maintenant… Les Frenchies sont quand même marrants. Ok, Ok Armand, je reviens à nos moutons) mais en occultant son rôle. Genre : « On s’est fait chié pendant une mi-temps puis les joueurs ont pris la direction des opérations ». Désolé, je ne crois pas que ce soit passer comme ça.

Certains le comparent à Aimé Jacquet parce que 1998, mais je trouve qu’il a beaucoup plus du Domenech. D’ailleurs, lui aussi est un petit peu foldingue.
Laporte est aussi par certains côtés terrifiant. Prêt à tout comme Fouroux. déterminé  comme Mias. Pragmatique et fédérateur. Opportuniste et affairiste aussi sans doute, mais c'est autre chose.
J’avais dit il y a quelque temps qu’il était capable de gagner la coupe du monde et que c’est justement ce qui m’inquiétait (« Ashton - Laporte, même combat », 14/08).
C’était mal poser le problème en fait. Sa tactique n’est pas du tout en train de pourrir le rugby. Idem pour les Anglais, les Argentins et les Sud-Afs. Il y a toujours eu plusieurs rugbys, tous évoluent, tous renaissent, et tous d’ailleurs ne sont pas morts, on le verra avec les éclats de ce week-end.

Je suis assez épaté par sa stratégie, ou ce que j’essaie d’en deviner. Cette idée d'un groupe de 30 du début à la fin est la base de tout, de la sélection dans les 30 de tel ou de tel, jusqu'à ce repas de ce soir entre les costards-cravates et Maso.
L'invention de l’impact-player Michalak, Chabal, Szarzewski, c’est-à-dire de la dynamite après une heure de coups de pied et de contacts, ce n’est rien d’autre que retrouver les basiques de ce jeu, du moins jusqu’à ce qu’on invente le coaching : éprouver l’adversaire, physiquement et psychologiquement, avant que de lâcher le coup qui tue.
Le coup des huit joueurs les plus importants, c’est pas mal non plus. Je crois vraiment que cette formule non plus n’en est pas une, qu’elle révèle une vérité profonde. Les joueurs qui feront gagner le Tournoi, si la France y arrive, seront dans ces huit, et c’est entendu depuis le début. Je ne crois pas par exemple que Bruno soit le troisième talonneur du groupe. Il est le remplaçant d’Ibanez pour la compétition, Szarzewski l’étant sur le match. Ça veut dire que si Ibanez se blesse pour une éventuelle finale, c’est Bruno qui débutera et Szarzewski qui sera sur le banc pour entrer en cours de match. Pareil pour Nallet qui débuterait la finale si Pelous venait à se blesser et la France à se qualifier. Et Chabal resterait sur le banc.
Bon, cette lecture n’engage que moi mais j’en mettrai ma main à couper (d’autant qu’elle ne risque plus grand-chose) que le groupe est géré ainsi. Vu les morceaux qui se profilent et comme Laporte et ses joueurs savent très bien qu’il faut gagner trois gros tests consécutifs, j’estime qu’avoir un tel banc en tribune est un luxe qui se révélera décisif, quelque soit la finale que la France jouera la semaine prochaine (la grande ou la petite ?).

De toute façon, sur ses choix, moi je ne dis plus rien : il a les clés du camion, on fera le point quand tout ça sera fini. Et s’il sélectionne Maso à la place de Marty, et Lapasset à celle de Pelous, je dis : « Pourquoi pas ? ».

Il y a un autre point. Il n’y pas que les Blacks et les gars du Pacifique qui me font espérer dans le jeu, la France aussi. Voyez le 1/4 de samedi : cette victoire française, elle est fondée finalement sur une synthèse du jeu du Stade français qui a marqué les débuts de Bernard Laporte, et celui du Stade toulousain, construit sur deux décennies par Guy Novès. Je ne pense pas que ce soit le fruit du hasard. L'utilisation d'un Michalak par exemple. Ou celle d'un Dussautoir à qui il a fallu un temps d'adaptation, comme il l'a fallu à Betsen à une époque. Le match que Dussautoir a fait samedi, me fait penser à celui qui avait révélé Serge Betsen fin 2001, lors d'un homérique France - Australie à Marseille. Je ne souhaite pas aux Anglais que Dussautoir joue contre eux samedi comme Betsen l'avait fait les mois qui suivirent lors du Tournoi 2002, lorsque Jonny était sorti du terrain dégoûté. 

Bon, évidemment, quand je parle d’une synthèse entre les deux, je ne pense pas à ça. Mais plutôt à ça.

Un pronostic ?

On dit que ça va être serré. J’ai d’ailleurs appris aujourd’hui par les plus optimistes qu’en cas de match nul, il y aurait deux mi-temps de prolongation, la première normale, la seconde en mort subite. Puis, concours de pénalités…
Je crois pour ma part, qu’il n’y aura pas photo.
Un des deux demis d'ouverture ne va pas pouvoir s'exprimer. Et si au départ, Wilkinson est plus expérimenté que Beauxis, côté remplaçant, Michalak l'est davantage que Barkley ou Flood.
Qui vivra verra !
En attendant, ça chambre !

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vendredi 12 octobre 2007

La première passe

Vous devez vous dire : « En fait, ce Willy, il en branle pas une, un vrai poil dans la main, encore une période où il a décidé de se la couler douce ! ». Et bin non, je m’y suis mis, mais par à-coups, sans qu’il y ait encore plus que d’habitude de cohérence. Je me dis que je vais remettre ça dans l’ordre, et puis la semaine passe…
Je sais bien aussi que, pour chaque équipe, il faut oublier les 1/4 de finale et se recentrer sur le prochain match. Mais, je ne suis pas joueur. En puiq, évoquer ces demi-finales n’est pas facile pour moi : il n’y a pas grand-chose à dire sur Argentine / Afrique du Sud (il serait dans l’intérêt du rugby que les Argentins passent, et les Boks restent les favoris) ; quant à France – Angleterre, c’est un crève-cœur pour moi, je ne sais pas si j’arriverai à en parler. Ni quel maillot je porterai samedi soir…  En plus, là-haut, les copains n’arrêtent pas de me chambrer, comme à chaque Crunch, je crois vous en avoir déjà parler (« Cochons d’Anglais ? Oui mais tout est bon dans le cochon… », 6/08/07). Ah, j’en ai pas mal là-haut des copains français adorables toute l’année, et qui deviennent lourdingues chaque année pendant le Tournoi. Cette année, ça sera deux fois dans l’année ! Comme en 2003 ! Té, le coup classique : y’en a un que je ne citerai pas (ça serait lui faire trop d’importance à ce Froggy !), qui a de nouveau remis en cause ma paternité sur ce sport. Cette fois, sans évoquer les Romains ou les Irlandais, la Soule ou le Calcio, mais avec les Géorgiens. Paraît-il que leurs surnoms, les Lelos, vient de « lelo », un sport joué dans les montagnes géorgiennes au moins au XVII° siècle, et qui ressemble fort à notre ovale… Moi, le sujet sur l'histoire de la Géorgie, j'avais fait l'impasse au collège de Rugby… J'ai retenu un seul truc : qu'on y a trouvé des pieds de vigne datant de 5000 ans avt JC. Après, les jeux dans les montagnes, j'ai zappé.
Vrai ou pas vrai (en fait, les deux le sont, le lelo comme les pieds de vigne), c’est fou ce que c’est pénible un Français quand ça va jouer les Anglais… Et ça aussi, ça ne date pas d'hier. Hein ? Quoi ? Les Anglais ? Quoi les Anglais ? Commence ça pas Pierrick, commence pas !

Bon, parlons d’autre chose que de ces demi-finales.

En fait, si je suis plein d’interrogations, ce n'est pas pour les matchs de ce week-end (eux, ils me rendent nerveux plutôt), c'est sur le rugby en général. Quand je repense aux prémices de ce sport ovale, et que je vois ce qu’il est devenu, il m’arrive d’avoir le vertige. Vous savez les efforts que je fais pour comprendre et apprécier le jeu au pied moderne. Je pensais être sur la bonne voie. Je le suis toujours d’ailleurs, mais tout se chambouille là-dedans. Comment pouvais-je deviner par exemple que j’allais prendre du plaisir à voir un sprint ballon en main vers son camp (!) assorti d’un coup de pied aussi vilain en arrière ! Un qu’aurait pu décocher Armand Vaquerin s’il lui était venu à l’esprit un jour d’en tirer un. Et une phase de jeu qu’il ne m’était pas venu non plus à l’esprit (là-haut, on a beaucoup d’esprit) d’inventer…
Soit dit en passant, si je me permets de taquiner Armand comme ça, c’est parce que c’est un pote, et qu’il a de l’humour. Il vaut mieux d’ailleurs puisqu’il est à côté de moi, regard ténébreux et sourire en coin compris.
De toute façon, même pas peur : là-haut, la douleur physique, on connaît pas. Même si tout n’y est pas rose.
Sauf Jacques Chaban-Delmas qui ne quitte plus le maillot du Stade français qu’il s’est procuré Dieu sait comment (« Oh pardon Boss. Et en plus vous ne savez pas comment il a fait ? »).  C’est devenu une vraie passoire ce paradis… Bref, nous on le savait que Jacques, il a joué au CASG dans le temps. CASG pour Club athlétique de la société générale : comme quoi le sponsoring ne date pas d’aujourd’hui. Exactement le même système qu'au Japon, sauf qu'en France il n'a pas perduré. Ou qu'on en revient peu à peu.
Revenons à nos moutons (de Nouvelle-Zélande).

Et pourtant quelle était belle cette course d’Elissalde, naïve, coquine, inconsciente, exultante…

Je ne pensais pas non plus que je resterai béat devant une passe apparemment aussi peu académique de Michalak lorsqu’il offre l’essai à Jauzion. Une passe à deux mains (j’ai entendu l’autre soir un des intervenants des Balèzes sur Europe 1 évoquer « une passe de basket »), pas vrillée, pas dans la course, en tombant en arrière etc. et qui conclue pourtant magnifiquement un mouvement magnifique. A posteriori, j’ai apprécié l’explication de Fabrice Galthié dans cette même émission, sur la faute de défense du demi de mêlée Black (qui venait juste de remplacer Kelleher) en se jetant dans le vide, et qu’interprète bien Traille.
Tiens, à ce propos, j’ai lu dans la République des Pyrénées quelques éclairages bien sentis sur cet essai. Je vous répète ce que Imanol Harinordoquy et Damien Traille, tout deux anciens de la Section paloise, ont confié au quotidien palois.
D’abord, Harinordoquy : « Je vois Damien, où il ne devait pas forcément se trouver. J’allonge ma passe, ce n’était pas très esthétique, mais il se retrouve loin de la troisième ligne ». C’est sur cette passe que Leonard se jette pour rien, accentuant le décalage. Damien Traille : « Sur l’annonce du mouvement, je devais croiser avec Yannick Jauzion. Mais je ne le vois pas. Fred Michalak se propose, je lui transmets la balle. Il avait du gaz, a su ne pas s’isoler pour donner à Yannick ».
J’en retiens quoi ? Que les Français ont improvisé…

Revenons à cette passe de Michalak. Là, c’est pour autre chose que je me sens en décalage. Cette passe géniale en fait, est tout ce qui est le plus académique : elle vient du fond des âges. A mon époque, c’est comme ça qu’elles pouvaient être faites, une offrande brute, lourde, comme un appel au secours et un cri de survie, comme un ultime acte signifiant avant de rendre l’âme. Pierrick Lefol opine du chef tout en me confiant que dans sa version à lui de l’ovale, bin des passes, ‘yen avait pas beaucoup. Mais l’image « d’un ultime acte signifiant avant de rendre l’âme », ça lui a vaguement parlé : un type qui en 1523 s’était cassé le coup lors d’une partie de soule, juste après avoir fait ce genre de passe. Bon, il y avait eu ensuite en-avant mais à l’époque, ça ne comptait pas.

A mon époque aussi, la différence, c’est que le ballon était plus gros, plus rond et plus lourd, et que Michalak lui, il n’est pas en train d’agoniser quand il la fait cette passe, il est au contraire sobre, lucide, à la fois dans l’analyse et l’instinct.
Mais c’est la même. La première passe.

PS : Sans aucun rapport. Quoique :
> Le Haka en 1922
> Le Haka en 1925

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mardi 9 octobre 2007

Haka y aller

On a beaucoup disserté sur ce fameux haka. Au cas où vous ne l’auriez pas vu. Sous un autre angle, c’est-à-dire le regard du supporter, on devine que Thierry Dusautoir (en bleu) n’a pas attendu le début du match pour empiéter sur l’espace vital néo-zélandais.
Et puis encore .
J’ai lu que jamais, une équipe n’avait défié ainsi les Blacks.  Qu’il me soit permis de rappeler quelques vérités. Et en 1989, c’était encore l’ancien rugby en plus…
Sinon, les Tongas aussi, avaient à leur façon innové.
Enfin, encore heureux qu’ils n’aient pas fait le Kapa o Pongo, durant lequel ils avancent jusqu’à loin, il y aurait eu collision !

A+

PS : Parmi les nombreuses réactions négatives en Nouvelle - Zélande, celle qui concerne 'Rugby Heaven' (Le paradis du rugby) m'a fait marrer. Ce site NZ d'information a en effet décidé de changer de nom. Désormais les mots 'Rugby Hell' (L'enfer du rugby) figurent en haut de la page d'accueil, avec trois points d'exclamation derrière le mot 'Hell' écrit en lettres rouges.

Posté par William WE à 03:46 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 7 octobre 2007

France – Angleterre, quatre ans après…

Ce qui me reste de cœur va bientôt se fondre en deux avec cette demi-finale fratricide entre mes deux terres d’accueil, celle qui m’a vu naître et celle qui m’a vu mourir.
Mais pour le moment, je savoure. Il sera toujours temps des inquiétudes pour ma bile, occupons-nous d’abord de mon rythme cardiaque : il n'est pas encore calmé.

Bon dieu, quel match (Oh pardon Boss…) !

Je voudrais résumer cette partie par un chiffre : les Bleus ont réalisé 178 plaquages, alors que la moyenne en match international est de 140. 178 sur 197 tentés, soit « un taux de réussite de 90,4% ». Les Blacks eux, sont à 36 plaquages sur 47 tentés (76,6%). Ne croyez pas que j’ai passé le match avec un crayon, je reprends ces chiffres de rugbyrama.fr…

Je voudrais rendre hommage à quelqu'un, mon cher David Ellis : nous sommes tous une nouvelle fois fiers de toi.
Et je profite de ce petit intermède de messages personnels, pour envoyer le bonjour à Bernard Lefol, de la part de Pierrick (comme il ne parle qu’un vieux patois françois de XV° siècle, ça passe par moi, c’est plus simple) qui, lui aussi, est fier de sa descendance.

Par un moment aussi. Ce Haka a été extraordinaire. Il fallait oser. Comment ne pas se rappeler des Français de 1986, à Nantes et sous Jacques Fouroux, quand, pour la première fois dans l’histoire du rugby mondial, une équipe adverse affrontait face à face le rituel néo-zélandais. A la fin, on avait même vu Eric Champ (formidable 3° ligne et surprise de ce mondial dans la coupe des consultants qu’il domine avec Moscato) s’avancer peu à peu vers les « Tout Noirs ».
Ce qu’ont fait les Français, c’est de ne pas subir le Haka, sans l’insulter, juste en montrant ses couleurs, et surtout, qu’ils étaient décidés à ne laisser personne entrer dans leur camp. Vous avez remarqué bien sûr qu’à chaque fois, le Haka débute dans le camp des Blacks, mais finit souvent pour la figure finale dans celui de l’adversaire… Là, chacun à sa façon (Clerc et Chabal menaçants, Elissalde insaisissable, Harinordoquy, Traille et Dominici impassibles) a donné le même message : interdiction de passer.

Match extraordinaire de Dussautoir et de Williams. Bluffant de Traille et d’Elissalde. Impressionnant des premières lignes, de Clerc et de So'Oailo.

Quelques images instructives sous un autre angle.

Je ne devrais pas l'ébruiter mais si je vous disais que moi, dont le père est mort en se battant contre Napoléon, j’ai vécu ce match dans la peau d’un supporter portant le maillot bleu, avec le 17 dans le dos…
Non, non, pas Sébastien, un autre complètement anonyme et légèrement moins costaud. Très légèrement (20 cm, 30 kg).
C'est fort ça non ?

Un maillot d’ailleurs d’un bleu traditionnel, pourtant estampillé FFR mais sans Coq dessus. Qu'est-ce qu'il raconte ? C'était un maillot de l’équipe de France de rugby féminin. Le porter m’a permis d’avoir accès à cette information baroque : les rugbywomen française n’ont pas droit en effet au cop gaulois, mais à un écusson de la FFR. Pourquoi ? Parce que.
Vous savez, ce genre de petites règles mesquines élaborées par des petits chefs maniaques.

Bon, on va pas finir sur cette note ?

D'abord pour dire que, dans ma petite soirée, ce n'est pas le vin français qui a gagné, mais celui de Nouvelle - Zélande. Le nôtre, il venait de , année 2002.

 

Et rappeler que demain, il y a les Fidji.

Bon dimanche

Posté par William WE à 03:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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