Le blog de William Webb Ellis

On va moins parler de moi ces temps-ci. Voyons voir ça.

samedi 6 octobre 2007

God save the gentlemen

J'ai regardé Australie - Angleterre seul. Un choix. Même pas bu une bière, impossible de décrocher les yeux de l'écran. Juste échanger quelques considérations enthousiastes à la mi-temps et à l'issue de la rencontre avec Ronald Poulton. Ma première patrie a été fière, efficace, généreuse, splendide. Quel pied ! Même si on a vu que cette équipe australienne possédait des joueurs épatants, et que j'ai cru à un moment que le banc aussie allait faire la différence, résultat logique.
Dans mon for intérieur, cela fait plusieurs mois que je me dis que Laporte cache son jeu. Du moins, je me force à l'espérer.
Les Australiens ont été surpris. Sur les fondamentaux ok. Mais aussi par la volonté de jouer des Anglais qui - ne résumons pas cette performance à une maestria défensive - ont déstabilisé leur adversaire au cours d'une splendide première période. Chapeau M. Brian Ashton !
Les Blacks seront meilleurs que les Australiens. Les Français peuvent l'être des Anglais.
Belle Marseillaise spontanée pendant le match.
Vais voir le match en très bonne compagnie…
Et bravo aux Australiens pour leur tenue après le coup de sifflet final. Quelle classe !
Bonne soirée

PS : Il paraît à trois heures du coup d'envoi que la question de la tenue des joueurs de France - Nouvelle-Zéelande n'est toujours pas réglée. Quelle histoire minable ! Que n'écoute-t-il pas votre JPR ? Ça coule pourtant de source. Peut-être va-t-on y arriver au dernier moment ?

05/10/2007 - 18:45

Rives et la courtoisie

L'ancien international tricolore Jean-Pierre Rives a expliqué sur France Inter que les Français devraient faire preuve de courtoisie et laisser le maillot noir aux All Blacks, qui sont une vitrine pour le rugby.


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jeudi 4 octobre 2007

Nuit blanche après les Blacks ? Ou nuit sombre après marée grise ?

Je sens une grosse révolte venir du Nord, un sorte de vent fort et glacial, mélange de tempête écossaise, de brume anglaise et de mistral français. Bon, évidemment, les Blacks, la tempête, ils savent la gérer
Je ne sais pas laquelle de ces trois nations est la mieux placée pour passer, ni laquelle a le moins de chances. Elles sont peut-être à égalité. Mais ce peu de chances (allez : 3 sur 10 pour chacune) peut leur suffire. D'autant qu'elles peuvent passer à 5 sur 10 si le trou n'est pas fait à mi-temps.
Ça monte, ça monte, ça va jouer à quitte ou double.
Peut être qu'il n'y aura plus d'équipe de l'hémisphère nord dimanche soir. Peut-être aussi qu'elles y seront les trois. Qui sait ?
L’Angleterre a montré de meilleures choses contre les Tongas. Et les rencontres entre Anglais et Australiens ne sont jamais comme les autres. Les antagonismes ne datent pas de 2003, ils sont ancestraux ! Et c'est pareil pour le XIII ou le cricket… Sait-on jamais ?
L’Ecosse a un jeu plus minimaliste que l’Argentine, et a déjà rempli ses objectifs. Elle peut même être la dernière équipe européenne présente en 1/2 finales ! Son entraîneur a déjà été reconduit. Rendez-vous compte : Irlandais et Gallois ne sont plus là !!! 
La France… Ça va être très spécial, très tactique, très costaud. Une grosse explication. Très grosse. L'Anglais Wayne Barnes va avoir du boulot. Ça tombe bien : il est l'arbitre qui a sorti le plus de cartons lors des matchs de poule  : 8. Sera-ce un avantage ou un inconvénient d'être encadré par une lecture d'influence européenne du jeu ? Qui va avoir la meilleure défense ? Qui va avoir le plus de sang-froid ?
Si ça passait, ça le ferait : ça va être la nuit blanche à Paris ce week-end !
Sinon, bin ce sera la berezina, comme celle sévèrement pronostiquée ici, et dont j'ai trouvé le lien sur l'excellent upandunder.info. Et dans ce cas, on va en entendre parler dans les chaumières, ça va sérieusement casser l'ambiance. Et je ne parle pas de la coupe du monde en tant que telle, qui au contraire va être passionnante jusqu'au bout.
La composition du XV de France est dans un sens logique même si, c'est clair maintenant, on navigue à vue. Surprenante mais logique. Pour battre les Blacks, il faut de toute façon être à la fois surprenant et logique.
Je comprends moins celle du banc. Mais bon. Fermez le ban !
Evidemment, Bruno, Nyanga, Martin, etc. Et surtout Lionel Nallet en tribunes, ça fait jaser. Ça peut.
Laporte m’exaspère parfois, des fois en tant que sélectionneur, des fois comme chantre d’une certaine évolution du rugby et de la société, mais il a les clés du camion, qu’il aille jusqu’au bout.
C’est marrant tout de même : en 1999, je me rappelle qu’il commentait les matchs de la RWC, qu’on parlait beaucoup de lui, et depuis un moment, pour succéder à Skrela – Villepreux. Duo contre lequel il n'était pas tendre, notamment pour Villepreux. Huit ans après, Skrela commente sur le cable, Villepreux écrit dans la presse, et Bernie est aux commandes. Pour le même match.
Et le prochain, qu’est-ce qu’il fait actuellement ? Il y a des chances qu'on l'entende souvent ces temps-ci. Sous toutes formes. Peut-être aussi qu'en fait, on ne l'entend pas du tout… Une très bonne idée en tout cas que Novès, en plus s'il est appuyé par d'anciens internationaux. Sinon, j'aime beaucoup Saint-André, mais c'est normal : tous les Anglais l'ont adopté !
Revenons à Nallet. Peut-être que Bernie le dingue a raison dans un sens. Si la France passe le cap néo-zélandais, c’est peut-être lui (comprendre Nallet) qui permettra aux Bleus d’aller au bout. Potentiellement, cette homogénéité est assez bluffante.
Ça a un autre avantage. Un type comme Pelous peut jouer sereinement ce qui peut être son dernier match. Si la France perd évidemment, mais ça il le sait croyez-moi. Mais aussi si la France gagne, si par exemple il se blesse, ou est mis sur le banc. Plus aucun frein pour se donner à fond, lâcher tout ce qui peut être lâché. Spartiates vous avez dit ? Le bouchon un peu loin je pousse ?
Je dis ça pour Nallet / Pelous, mais c’est bon aussi pour les autres postes, c’est l’exemple le plus criard, c’est tout. Dur pour lui.
Le problème, c'est que ça reste une potentialité, et que, si la logique est respectée, bin ça aura été un beau gâchis.
Enfin, "problème", c'est façon de parler bien sûr : le jour où on ne pourra plus être illogique au rugby, bin il sera mort. Et si c'était déjà le cas, bin je le saurai : l'ordi du Cercle est directement connecté sur le fichier des entrées et j'ai encore rien vu passer !

Mon prono : la Nouvelle – Zélande ne gagnera pas de peu. Soit de beaucoup, soit pas du tout…

En attendant, si les Français doivent aller soutenir leur équipe jouer sa coupe du monde à Cardiff, les Parisiens ont la chance de pouvoir découvrir (gratuitement, à l’invite du gouvernement de Nouvelle-Zélande et jusqu’au 21/10) la richesse de la culture néo-zélandaise, et notamment maori, au sein d’un immense ballon de rugby gonflable, installé sur le Champ de Mars, devant la Tour Eiffel.
Si certains d’entre vous y sont allés (ou mieux sont prêts pour faire un détour par Menton pour me prendre en stop avant d’y aller !), je suis preneur d’impressions même fugaces.

Pendant ce temps, la DGSE travaille pour l'équipe de France… :

"NZ : La DGSE soupçonnée

Les services secrets français seraient soupçonnés par la presse néo-zélandaise d'espionnage des Blacks en faveur des Bleus. L'histoire semble incroyable, mais les Néo-Zélandais dans leur paranoïa plutôt habituelle croient dur comme fer que leur élimination en quarts arrangerait beaucoup de monde."

Au fait, où mouille le Rainbow Warrior actuellement ?

A+

PS : Même la FFR croit aussi que les Bleus peuvent passer ! D’après ce que j’ai lu en tout cas : “Les femmes de joueurs français se sont vus indiquer que leur voyage ne sera pas pris en charge par la FFR qui a aussitôt précisé que les voyages pour assister à la finale seraient eux intégralement remboursés…”. Et moi, je suis tellement optimiste que j'ai déjà trouvé un film pour illustrer une demi-finale entre la France et l'Angleterre !

RePS : On évoque souvent cette demi-finale de 1999, mais j’aimerais me rappeler d’autres victoires mythiques. Roger ne peut plus avoir de frissons, mais c’est tout comme, plus que jamais, je vous prie de me croire ! “C’est pas peu de choses !” comme dit Bala !
Et puis, j’ai déjà évoqué 1994, en voici un moment magique. Ça peut aussi se lire. Ici aussi.
Bon évidemment, il y a aussi beaucoup d’essais et de victoires néo-zélandaises. Résumons-les par ça.

RerePS : On est beaucoup là-haut à avoir apprécié cet hommage au rugby argentin.

RererePS : Y'a du beau monde qui va se pointer "à la maison", c'est-à-dire au cimetière à Menton. Parait qu'on va me rendre hommage en grandes pompes. Ça commence à être lourd ce cirque, j'ai des voisins qui se plaignent moi ! Et puis, je ne veux pas servir de caution à tout. C'est fou cette façon que vous avez de gadgetiser, de conceptualiser, de symboliser, de résumer les êtres à des fins très terre à terre. J'vais quand même y aller, j'ai cru comprendre que les capitaines des sélections ont préparé quelque chose pour moi. Quand ça vient des joueurs, ma foi…
(Hein ? Quoi ? Mais non boss, "ma foi", c'était façon de parler, je ne cherche pas à vous piquer le boulot nom de Dieu ! Oh pardon ! Quoi ? Je perds mes nerfs ? C'est la tension de la compétition, boss, j'vais avoir besoin d'un préparateur mental)

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mercredi 3 octobre 2007

Lacaze de l’Oncle Willy

Je n’ai pas le moral. J’ai du mal à comprendre ce qui se passe dans le rugby. Au début, je m’en suis amusé de tout ce déballage, et puis, plus ça va, bin, moins ça va.
Il y a heureusement encore le terrain. Là, je reconnais qu’on a vécu quelques bons moments, ici parmi vous pendant lesdits matchs, puis ensuite au Cercle à batailler.
J’ai mal au cœur pour les Irlandais mais la logique de cette poule D est respectée. Quel pied j’ai pris à nouveau à regarder ces Argentins ! Je ne comprends pas qu’on critique cette équipe. D’abord, elle est bien plus agréable que le XV de la Rose soporifique de 2003 par exemple, et je ne me souviens pas qu’on ait autant remis en cause l’équipe de Woodward à l’époque. Ensuite, les Argentins ont montré quelques jolies dispositions, avec notamment des avants qui savent admirablement se faire des passes sans faiblir dans les phases de conquête, loin de là ! Les Argentins sont portés par des valeurs essentielles, et communicatives. Rendez-vous compte : le Superclasico entre River Plate et Boca Juniors, initialement programmé à 16h10 locales, débutera finalement à 14h pour que le pays suive le quart de finale de la Coupe du monde que les Pumas doivent disputer face à l'Ecosse à 16h locales (21h en France) au Stade de France.
Enfin, ils sont capables de mouvements extraordinaires et je suis sûr qu’on va le voir dans les matchs éliminatoires. Contre l’Ecosse sans doute. En demi-finales où je leur souhaite d’aller, sûrement.
Et d'ailleurs, qu’est-ce que c’est que cette campagne contre le jeu au pied, faite de lieux communs et de politiquement correct ?
Certes, moi aussi, j’ai du mal à apprécier certaines tactiques modernes avec le pied. Sauf la passe au pied, que j’ai tout de suite goûtée, même parfois quand elle n’aboutit pas.
J’ai quand même fait des progrès : ces longs coups de pied pour ne pas trouver la touche, j’en ai compris le principe. Mais que voulez-vous, il y a des coups de pied qui ont l’air d’être clairs, voulus, et d’autres complètement ratés. Les Argentins ont su trouver des coins morts du terrain pour remettre la pression de suite sur les Irlandais. Les Français jusqu’à présent, ou plutôt jusqu’à dimanche, j’avais l’impression que, quand ils ne trouvaient pas la touche, c’était pas forcément fait exprès. Et il aurait en général mieux valu !
Le jeu au pied fait partie intégrante du jeu et ces polémiques vaines ne sont pour le coup pas propres à l’ère professionnelle elles ont toujours existé. Peut-être que c’est pour ça qu’on parle de « football-rugby »…
Le problème, c’est plutôt quand le jeu est stéréotypé, au pied ou à la main d’ailleurs, sans imagination. Mais, on ne peut pas gagner sans jeu au pied… a fortiori contre les Blacks.
Tiens, ça me rappelle d’un coup une prédiction que Denis Lalanne avait faite dans l’Equipe, le matin du 16/08/1958, le premier match des Bleus auquel j’ai pu assisté. Peut-être le plus prenant que j'ai vécu. Que dit Lalanne ? « Si Lacaze tient, alors les Springboks n’auront pas acquis un gros avantage à la mi-temps, et s’ils ne nous distancent pas, alors les Français gagneront ». Il fallait être optimiste et bien proche des joueurs pour faire pareil pronostic alors que personne ne donnait la moindre chance aux Français…
Ce sera pareil pour les Blacks : pour espérer les battre, il faut tenir la première mi-temps. Et les Anglais seront confrontés exactement au même problème face à l’Australie.
Je fais cette comparaison sans penser aux tactiques de jeu proprement dites bien sûr : je serais bien mal inspiré de laisser entendre que le jeu des Néo-Zélandais et des Australiens aujourd’hui ressemble en quoi que ce soit à celui des Boks de 1958 !
Je parle d’état d’esprit.
Et alors le jeune Lacaze, aligné pour la première fois en équipe de France lors du premier test chez les Springboks (3-3), appelé pour sa deuxième sélection (qu'il tiendra avec deux infiltrations à la cheville) pour la première fois à l’arrière (c'était davantage un ouvreur) afin de suppléer Michel Vannier, très sévèrement touché ? Il a tenu, son rang et la baraque, comme tous les autres. Et c'est pas qu'un peu grâce à son jeu au pied. Lui aussi pourtant était parti à la tournée sans être un premier choix, de par sa jeunesse, et parce que les postes étaient bien fournis. Mais il y eut une cascade de blessures. Et finalement… Je ne sais pas pourquoi, mais quand je vois Beauxis, je pense Lacaze.
Je pense que ça va lui faire plaisir à Papillon de lire ça demain. Et je suis content que ça lui fasse plaisir.
Cette victoire à l’Ellis Park de Johannesbourg est sans doute un des plus grands exploits du rugby. Je ne vois guère que les deux tests gagnés en Nouvelle-Zélande par les Bleus en 1994, le Grand Chlem des Australiens en Europe en 1984 (avec le génial Mark Ella) ou la tournée des Boks chez les Kiwis en 1937, pour contester ce postulat. Les équipes qui ne seront pas favorites dans les quarts de finale prochains, à savoir la France, l’Angleterre, l’Ecosse et les Îles Fidji, auront tout intérêt à s’inspirer de ses enseignements. Pour le moment, ce sont les Argentins qui sont le mieux dans la lignée.
Cet article à nouveau de Denis Lalanne, écrit 50 ans après cet exploit et repris dans ce lien sur le site d'un modeste club de rugby du Canada ! Allez vous y promener, il y a des trésors), vous en donnera l’esprit. Le mieux étant quand même de lire « Le grand combat du Quinze de France », qu’il a ensuite publié aux éditions de la table ronde en 1962. Un bouquin à la hauteur de l’exploit qu’il relate. Il y a eu aussi un documentaire, dont ce reportage contemporain reprend des images, qui ont d'ailleurs été tournées à l’époque par André Frémaux, deuxième ligne remplaçant.

Revenons à nos moutons (il y a longtemps que je n’avais pas parlé d’eux).
J’ai de la peine pour les Gallois, qui ont quand même montré de belles choses dans cette RWC. Leur volonté de revenir à un sélectionneur étranger « à tête froide », susceptible de leur dire « ce qu’ils ont besoin d’entendre » est touchante. Ils savent où ils doivent aller, ils veulent retrouver leur brio de 2003-2005, on reparlera d’eux rapidement, j’en suis sûr.
Les Fidji, qui se sont basés sur une belle paire de demis et un jeu au pied efficace, ont été superbes. Rabeni a été incroyable, et tous les autres arrières au diapason, avec un 15 néanmoins un peu en retrait, mais, sur ce point, on a l’impression que c’est un peu le sort de tous les arrières de la coupe du monde… J’avais bien aimé l’arrière des Samoas contre l’Angleterre. Robinson aussi apporte toujours quelque chose, mais il a peu joué. Larkham a fait un sacré match au Millénium Stadium. Mais à part ça ces trois, et peut-être d’autres que je n’ai pas vu, je n’ai pas l’impression que beaucoup se soient mis en valeur. Le pouvait-il ? Je croyais que le rugby moderne avait tué les centres en en faisant des troisièmes lignes détachés. Je me rends compte qu'ils remuent encore par rapport aux arrières, réduits à faire l'essuie-glace…
Je ne sais pas trop quoi penser de l’Ecosse. Je sens par contre qu’elle va poser davantage de problèmes que l’Irlande à des Argentins qui devront se découvrir.

Voilà, ça suffira pour cette fois. Je vais essayer de ne pas repenser maintenant à l’IRB, aux histoires de couleurs de maillot, aux magouilles, à la pub envahissante (des mannequins de Dim au médecin de l’équipe de France en passant par… Daniel Herrero nom de Dieu ! Oh excusez moi Boss), à la récupération, à l'incompétence, à l’abrutissement, à la vulgarité etc. A la bêtise aussi. Au fait, Gareth, t’étais vraiment obligé de faire ce bras d’honneur contre les Fidji ? Quelle 100ème sélection !

PS  : en cherchant quelque chose sur Mark Ella, j'ai trouvé des trucs sur une autre Ella. Ça n'a aucun rapport mais c'est tellement bon…

Posté par William WE à 02:04 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 2 octobre 2007

"Les Pumas en croisade"

"Les Argentins, en terminant premiers de la poule D, prennent un malin plaisir à contrarier les plans de l'IRB et du comité d'organisation.

Ils avaient prévenu la planète ovale qu'ils gagneraient leurs quatre matchs de poule. Les grands du monde du rugby avaient alors ri au nez de ces Pumas, décidément forts en bouche et en revendications. Et pourtant, ces mêmes Argentins dansaient dans leur bus, dimanche soir, en quittant le Parc des Princes, après leur victoire sur l'Irlande. Forts en gueule, forts sur le terrain, ils n'ont laissé aucune chance aux Irlandais pour réussir leur chelem de septembre. Quatre matchs, quatre succès, la première place de la poule D et un quart de finale face à l'Ecosse au Stade de France. Alors le Puma pouvait une nouvelle fois bomber le torse et ne pas laisser sa langue dans sa poche.

Dans les entrailles du Parc des Princes, les discours ont rapidement dépassé le cadre trop petit du match face à l'Irlande. "L'Argentine a gagné tous ses matchs dans une poule qui n'était pas préparé pour elle", lance Ignacio Corleto avec un sourire qui en dit long. Les Pumas ont joué un mauvais tour aux organisateurs de la Coupe du monde. Une blague dont ils reparleront pendant des années mais l'ailier argentin ne veut pas que cette attitude soit mal interprétée : "Nous l'avons fait avec beaucoup de respect mais je pense que nous sommes arrivés à changer le planning de la Coupe du monde." En deux phrases et tous les non-dits sous entendus, le joueur du Stade français a résumé la pensée d'une équipe plus soudée que jamais pour couper encore quelques têtes.

Marquer l'histoire

Le capitaine Agustin Pichot, Che Guevarra du rugby de la Pampa depuis de longues années, va plus loin : "Nous avons montré au monde que nous existons. Il faut faire une révolution dans le système international car je retiens encore une fois le manque de considération des organisateurs par rapport à l'Argentine." Un journaliste argentin se félicitait alors que les Pumas aient répondu, à l'arrogance française, en envoyant les hommes de Bernard Laporte à Cardiff, pour affronter les All Blacks.

Chaque victoire est pour les Pumas un argument de plus pour faire réfléchir l'IRB. Pas question donc de s'arrêter en si bon chemin. "Maintenant, on ne peut pas se contenter d'un quart de finale", martelait Mario Ledesma. Pendant la semaine, nous allons redoubler d'efforts et faire tout ce qu'il faut pour aller plus loin." Les Pumas voient dans leurs succès plus que de simples victoires. Ils veulent marquer l'histoire en gagnant, sur le terrain bureaucratique, leur billet d'entrée pour le Tournoi des 6 Nations ou des Tri-Nations.

Soif de reconnaissance

Ils ont fait de cette Coupe du monde leur croisade vers le gratin international. "Nous venons de faire un pas très important pour le rugby argentin, soulignait le sélectionneur Marcello Loffreda. Nous avons démontré que nous avons le niveau du Tournoi des 6 Nations. Aujourd'hui, nous sommes la quatrième nation au monde et les trois premières se trouvent dans l'hémisphère sud. Tout le monde doit prendre en compte cette réalité."

Les Pumas ont soif de reconnaissance, que ce soit auprès des instances internationales mais aussi dans leur propre pays. Sur cette terre de football, les rugbymen commencent doucement à intéresser la population locale. En Argentine, les récents résultats poussent les curieux vers cette équipe alors qu'à chaque match du Mondial, les soutiens en tribune sont plus nombreux. "Il faut que ça continue comme ça", prévient Loffreda. Pour cela, une seule solution : atteindre le dernier carré du mondial."

http://www.rugbyrama.fr/rugby/coupe-du-monde/2007/sport_sto1332502.shtml

Posté par William WE à 13:11 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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