Ce qui me reste de cœur va bientôt se fondre en deux avec cette demi-finale fratricide entre mes deux terres d’accueil, celle qui m’a vu naître et celle qui m’a vu mourir.
Mais pour le moment, je savoure. Il sera toujours temps des inquiétudes pour ma bile, occupons-nous d’abord de mon rythme cardiaque : il n'est pas encore calmé.

Bon dieu, quel match (Oh pardon Boss…) !

Je voudrais résumer cette partie par un chiffre : les Bleus ont réalisé 178 plaquages, alors que la moyenne en match international est de 140. 178 sur 197 tentés, soit « un taux de réussite de 90,4% ». Les Blacks eux, sont à 36 plaquages sur 47 tentés (76,6%). Ne croyez pas que j’ai passé le match avec un crayon, je reprends ces chiffres de rugbyrama.fr…

Je voudrais rendre hommage à quelqu'un, mon cher David Ellis : nous sommes tous une nouvelle fois fiers de toi.
Et je profite de ce petit intermède de messages personnels, pour envoyer le bonjour à Bernard Lefol, de la part de Pierrick (comme il ne parle qu’un vieux patois françois de XV° siècle, ça passe par moi, c’est plus simple) qui, lui aussi, est fier de sa descendance.

Par un moment aussi. Ce Haka a été extraordinaire. Il fallait oser. Comment ne pas se rappeler des Français de 1986, à Nantes et sous Jacques Fouroux, quand, pour la première fois dans l’histoire du rugby mondial, une équipe adverse affrontait face à face le rituel néo-zélandais. A la fin, on avait même vu Eric Champ (formidable 3° ligne et surprise de ce mondial dans la coupe des consultants qu’il domine avec Moscato) s’avancer peu à peu vers les « Tout Noirs ».
Ce qu’ont fait les Français, c’est de ne pas subir le Haka, sans l’insulter, juste en montrant ses couleurs, et surtout, qu’ils étaient décidés à ne laisser personne entrer dans leur camp. Vous avez remarqué bien sûr qu’à chaque fois, le Haka débute dans le camp des Blacks, mais finit souvent pour la figure finale dans celui de l’adversaire… Là, chacun à sa façon (Clerc et Chabal menaçants, Elissalde insaisissable, Harinordoquy, Traille et Dominici impassibles) a donné le même message : interdiction de passer.

Match extraordinaire de Dussautoir et de Williams. Bluffant de Traille et d’Elissalde. Impressionnant des premières lignes, de Clerc et de So'Oailo.

Quelques images instructives sous un autre angle.

Je ne devrais pas l'ébruiter mais si je vous disais que moi, dont le père est mort en se battant contre Napoléon, j’ai vécu ce match dans la peau d’un supporter portant le maillot bleu, avec le 17 dans le dos…
Non, non, pas Sébastien, un autre complètement anonyme et légèrement moins costaud. Très légèrement (20 cm, 30 kg).
C'est fort ça non ?

Un maillot d’ailleurs d’un bleu traditionnel, pourtant estampillé FFR mais sans Coq dessus. Qu'est-ce qu'il raconte ? C'était un maillot de l’équipe de France de rugby féminin. Le porter m’a permis d’avoir accès à cette information baroque : les rugbywomen française n’ont pas droit en effet au cop gaulois, mais à un écusson de la FFR. Pourquoi ? Parce que.
Vous savez, ce genre de petites règles mesquines élaborées par des petits chefs maniaques.

Bon, on va pas finir sur cette note ?

D'abord pour dire que, dans ma petite soirée, ce n'est pas le vin français qui a gagné, mais celui de Nouvelle - Zélande. Le nôtre, il venait de , année 2002.

 

Et rappeler que demain, il y a les Fidji.

Bon dimanche