Le blog de William Webb Ellis

On va moins parler de moi ces temps-ci. Voyons voir ça.

mardi 11 septembre 2007

Bienvenue dans le désert du réel

Dur de s’y remettre. J’avais cru qu’en déconnant un peu ("Le jour J"), je contournerai la difficulté pour arriver à relancer la machine de ce blog. Aussi vain que l’attaque française vendredi, une des plus déprimantes qu’il m’ait été de voir. Pelous a raison, elle (l’attaque) n’est pas seule en cause, mais quand même, quelle déprime ! Quel désert ! Quel manque d’imagination !
Je ne sais pas si mon petit délire a réussi à faire sourire quelques-uns d’entre vous, il n’a en tout cas en rien réglé mon problème. J’ai pourtant pas mal de choses à dire, beaucoup même, qui se bousculent dans mon esprit au fur et à mesure que les heures passent depuis cette funeste entame de la coupe du monde.
Bon, je me lance à nouveau, en vrac (le propos à venir mais aussi mon état général), un peu sans queue ni tête. Mais avec la peur du tête-à-queue. Comme les Bleus, j’ai peur de mal faire. Bah ! On verra bien. La vie doit reprendre le dessus (vous pouvez pas savoir comme j’aime cette phrase !). C’est parti, sans doute en plusieurs saccades.

J’avais initialement prévu de lancer nos drôles de comptes-rendus de matchs (pas tous hein ! Juste ceux qu’on a envie) par un "multiplex" post-mortem pas piqué des vers. Enfin, façon de parler.
L’organisation était complexe pour moi. J’avais certes sélectionné quelques adresses bien senties de personnes à travers lesquelles j’ai déjà eu l’occasion de me promener dans le bas-monde. Vous le savez, j’ai besoin qu’on me rende visite d’abord à Menton. Mais je vous apprend sans doute qu’après, selon certaines conditions, chez les personnes qui vous ont sincèrement rendu visite, qui se rappellent de vous avec bonté, on peut revenir un peu n’importe quand. Pas quand on veut cependant, ça dépend de pas mal de facteurs qui vous paraîtraient irrationnels et que de toute façon, je n’ai pas l’intention de vous expliquer en détail. On a nos petits secrets là-haut…
Compte tenu de ces facteurs limitatifs, mais sachant aussi que, depuis qu’on a retrouvé ma tombe, il y a quand même pas mal de monde qui vient me rendre visite, j’ai fait ma sélection à moi, avec une nette prédilection pour le Sud-Ouest. C’est un petit clin d’œil de ma part : je suis quand même un peu meurtri qu’on ait tant oublié la terre nourricière du rugby français, dans l’organisation de cette coupe du monde. C’est très surprenant pour quelqu’un comme moi.
Heureusement, la FFR a trouvé la solution : elle a demandé à son équipe de France amateur de jouer un tournoi spécialement créé pour l’occasion pour occuper le terrain du rugby pendant la RWC dans le Sud-Ouest ! Le XV amateur a donc joué contre la Belgique jeudi à Coarraze-Nay (Béarn), et se tapera la Russie lundi à Lannemezan (Gers, limite Bigorre), puis l’Angleterre jeudi à Saint-Paul-lès-Dax (Landes). Voilà le rugby du Sud-Ouest remis à sa place, celle des petits, des amateurs, du rugby-saucisse/purée/pitxuli. Et prière de se contenter d’Irlande – Namibie ou de Japon – Canada dans la capitale bordelaise.
Ne souriez-pas : quoique je ne me fasse aucune illusion sur ceux qui ont décidé de se foutre de la gueule de l’essence du rugby français jusqu’à la fin, ont finalement peut-être pas manqué leur coup. Il n’est pas impossible que, cette semaine, j’aille voir ces rugbymen-là plutôt que leurs glorieux aînés professionnels. J’aurai peut-être l’impression que mon rugby n’est pas mort.

Revenons aux à-côtés de ce France – Argentine.
Je l’ai donc vécu surtout dans le Sud-Ouest. Dans un festival de salsa à Dax. Dans un café branché de Biarritz. A la foire-expo de Pau. Devant l’écran géant du stade Saint-Pée à Oloron. Au Festival Ovale de Saint-Denis. J'ai fait aussi un court passage (une apparition serais-je tenté de dire !) au Stade de France, mais j'ai préféré laisser Bernie seul pendant cette épreuve : je redescends sur Terre pour m'amuser, pas pour partager vos tourments.
Vu le scénario de ce match qui se voulait une fête, je ne vais finalement pas trop détailler ces différentes escales. Mais je me devais quand même d'en faire état.
J'ai vu un peu partout des visages d'abord incrédules, puis agacés, puis inquiets, puis accablés. Les jeunes faisaient du bruit. Beaucoup de filles et de femmes. Les premières discutaient beaucoup entre elles, regardant d'un œil la rencontre. Les adultes beaucoup plus concentrées, "dans le truc".
Les concerts de salsa ont démarré sitôt après le match, passé lui dans les casetas autour de vin et de bière, de moules et de jambon. Elle se termina dans la bonne humeur, mojitos aidant. Le Conjunto Chappottin y sus Estrellas, et ses papis virtuoses, n'y étaient pas non plus pour rien. Le match ? La femme de mon "véhicule" landais ne s'est pas trompée, analysant dès les hymnes : "Ils n’y sont pas, ils vont perdre". Un de leurs copains, très flegmatique (mais enquillant sérieux !) ne dit quasiment rien du match. Jusqu’à un moment de déconfiture particulièrement flagrant, où il se retourna vers nous d’un air entendu pour lâcher un "French flair…" laconique…
Je ne suis pas resté longtemps à Pau : il n’y avait aucune ambiance devant l’écran géant placé à la Foire-Expo. Il faut dire qu’il y avait en même temps un concert d'Axelle Red. Pas très bien vu de prévoir  deux ambiances en même temps… En partant, j’ai vu qu’il y avait du monde aux terrasses des cafés.
A Biarritz, ce fut plus amusant. L’établissement d’abord, pas commun. L’Arena, en terrasse de la petite plage du Port-Vieux, un "spot" magnifique situé entre le sable de la plage et le restaurant de Pascal Ondarts. L’ambiance y était ambivalente. Il faut dire qu’un important festival de danse (Le Temps d’aimer) devait débuter au même endroit et à la même heure, par un spectacle gratuit sur ladite plage : le prestigieux Ballet National de Marseille. Les deux se sont un peu télescopés (début du spectacle à 22h),  il  y avait quand même au moins 3.000 personnes pour voir davantage la chorégraphie marseillaise que le chant national marmonné par nos Bleus. En plus, l’endroit est branché, les filles magnifiques. Et l’ambiance dans le bar franchement pro-argentine à l’issue du match, grâce à la colonie latino du BOPB…
Les Pumas pouvaient aussi se sentir chez eux à Saint-Denis (ils ne s'en sont pas privés !) : le festival Ovale y prévoit une trentaine de concerts pendant la coupe du monde, au village rugbycolor, avec des groupes venus de cultures très différentes, comme l’ovale. Il y aura jeudi et vendredi Johnny Clegg, puis le Chœur de Soweto. Plus tard, Carlos Nuñez (Galicien, c’est-à-dire celte d'Espagne), Churchfitters, Eva Garcia, Sanseverino, Rachid Taha, Mademoiselle K, Sergent Garcia, Koomurri (Aborigènes), Choeurs Anaiki, Marani et Madrikali (Géorgie et Pays Basque), Te Vaka-Haka (Maoris), Les Wampas, Le Ministère des Affaires Populaires, Te Vaka-Bal Samoan (Tokelau, Tuvalu, Samoa, Maori et Nouvelle-Zélande), Plantec (Irlande), The Rakes (Angleterre)… Vendredi, forcément, c’était tango à tous les étages avec Soledad puis Gotan Project. Beaucoup tiraient la gueule à Saint-Denis vendredi soir, mais moins au festival où la joie argentine fut communicative : peu importe le gagnant pourvu qu’on ait l’ivresse !
L'ambiance à Oloron était très sympa. Terre de rugby par excellence, les Béarnais ont pu apprécier la vaillance des Pumas, ainsi que les groupés pénétrants français réussis. Des valeurs qu'a toujours partagées l'équipe fanion. Ça ne les a pas empêchés, malgré l’inquiétude grandissante, d’encourager le XV de France de la 1ère à la dernière minute du match.

Bon, faut que je vous laisse, y’a du beau monde qui vient me voir cet après-midi : Andy Leslie, le président de la fédération néo-zélandaise, vient en effet me rendre visite à Menton pour me rendre hommage. Je vous l’avais dit que j’aurai une place pour la finale !!

Ah, un mot sur le titre : ça sort paraît-il de Matrix, et c’est un de mes accompagnants de vendredi qui l’a ressorti pour résumer ce match. Pas mal trouvé, non ?

A très bientôt

Posté par William WE à 14:20 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

petite rectification

L'auteur de ce blog est visiblement calé en rugby, ça ne fait aucun doute. Je suis d'ailleurs assez d'accord avec lui dans l'ensemble.
Par contre, il devrait réviser sa géographie. Lannemezan ne se trouve certainement pas dans le Gers. Il n'existe qu'un seul Lannemezan en France, dans les Hautes-Pyrénées (code postal : 65300), en plein coeur de la Bigorre.

Posté par miaouchka, jeudi 1 novembre 2007 à 18:33

Oups… Sorry.

Posté par Willy, mercredi 14 novembre 2007 à 15:23

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=335273&pid=6175828

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :